Exposition Femininities, Guy Bourdin

Quatre étages, 65 années de création, un photographe, c’est autant de trésors que renferme actuellement la maison Chloé.

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De Gaby Aghion à Karl Lagerfeld en passant par Stella McCartney ou encore Phoebe Philo, les directeurs artistiques de la maison Chloé sont nombreux et pas des moindres. C’est une marque à l’attitude à la fois désinvolte et audacieuse, chic et libre que l’on découvre au travers de nombreuses créations issues des années 50 jusqu’aux années 90.

Si chaque collection est créée en fonction de l’alphabet, c’est dû à l’imagination de la créatrice Gaby Aghion, une jeune femme égyptienne, qui malgré le monde très masculin qu’était la mode d’époque, réussit à se faire une place au milieu des plus grands couturiers tels que Christian Dior. Une démarche artistique et surréaliste qui perdurera jusqu’à la fin des années Lagerfeld chez Chloé, en 1997.

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S’il est difficile d’acquérir les créations des années 60 ou 70, les robes des années 80 et 90 sont rachetées lors de ventes aux enchères. Il s’agit de réels trésors, puisque ces créations qui ont été portées et pratiquement faites sur mesures, sont les messagères d’une mode révolue, aux codes et aux valeurs emblématiques.

Acquis dans un premier  temps afin de servir de showroom lors des fashion week, la maison Chloé a choisi de faire découvrir ses trésors au grand public avec des expositions telles que « Femininities ».

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Judith Clark, commissaire d’exposition, a alors investi les trois premiers étages de l’immeuble, laissant le 4ème aux archives de la marque. Le premier étage étant dédié aux créations alphabétiques, on y retrouve le B de banana pour la culture pop, le F de flower qui retranscrit une certaine féminité. Vingt-six modèles emblématiques créés au fil des 65 années d’existence de la maison Chloé,suivant son propre abécédaire de A, Aghion au Z de Zip.

C’est en gravissant les marches de ce sublime immeuble que l’on découvre au deuxième étage, dédié à « l’attitude », les fameux clichés de Guy Bourdin. 30, c’est le nombre d’années qu’a passées le photographe chez Vogue Paris, et durant lesquelles il a photographié la « Chloé Girl ».

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D’abord photographe aérien durant son service militaire, l’homme prend gout à la photo. Il achètera plus tard un petit studio dédié à la photographie de mariage avant de changer d’angle. Il sort alors du studio et met en scène les femmes avec une idée de narration et de provocation. Des vêtements aux décors, il choisit tout. La mode devient alors un prétexte pour créer des mises en scènes, avec des images explosives.

Guy Bourdin joue avec la verticalité de la reliure du magazine pour créer un décalage provocateur dans ses photos.  Il est le photographe de mode ayant le plus photographié la maison Chloé, des années 57 aux années 80.

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Le troisième étage est dédié à la couleur. Des couleurs qu’il a déjà maintes fois travaillées, puisqu’avant d’être photographe, il s’est essayé à l’écriture mais aussi à la peinture, avec comme professeur Man Ray. Il utilise alors l’érotisme et le fétichisme, sans toutefois tomber dans la vulgarité grâce à son humour décalé. Son impertinence le pousse à être irrévérencieux envers les contraintes du monde de la mode, et c’est ce qui le rend unique.

Ses images sont détonantes et controversées face à l’élégance nonchalante et bohème des créations Chloé. Gaby Aghien disait : “les femmes sont libres de cultiver leurs désirs”. Ce sont ces désirs-là que Guy Bourdin a su magnifiquement retranscrire dans ses clichés, sans toutefois tomber dans la banalité.

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L’exposition « Femininities » de Guy Bourdin sera ouverte au public du 4 juillet au 6 septembre 2017, puis rouvrira ses portes pendant la FIAC et Paris.