La Galerie Perrotin, Julio Le Parc et Daniel Arsham

Après Murakami en Septembre 2016, c’est Julio Le Parc et Daniel Arsham que j’ai eu le plaisir de découvrir à la Galerie Perrotin.

Depuis plus de 30 ans la Galerie Perrotin accompagne de jeunes artistes à Paris, New York, Tokyo mais aussi Hong Kong et Séoul.

IMG_1639

C’est à Paris, dans un hôtel particulier du 18e siècle, d’une élégance raffinée, que ces artistes sont exposés. Certains d’entre eux sont soutenus par Emmanuel Perrotin depuis plus de 25 ans, afin de réaliser et surtout de poursuivre leurs rêves et projets.

De l’Art Basel au Frieze à Londres en passant par la FIAC de Paris mais aussi Art Cologne, et Art Fair, le travail de la Galerie ne s’arrête pas là, puisqu’elle participe à une dizaine de foires par an. Un travail colossal mais très enrichissant à la fois pour les artistes mais aussi pour la Galerie.

Pour Julio Le Parc, cela fait plus de 7 ans qu’il travaille main dans la main avec la Galerie Perrotin. A 89 ans, l’artiste regagne l’intérêt du public avec son art cinétique.

Des jeux de rythme et un amour pour les mathématiques : l’artiste commence toujours en noir et blanc pour arriver à la couleur. Il va jusqu’à fabriquer ses propres embouts de pinceaux pour pouvoir superposer les points qu’il peint à l’acrylique.

Avec une combinaison de 14 couleurs, il ajoute, en fonction du rythme mathématique, les couleurs, et crée alors une harmonie. Il utilise l’acrylique car elle sèche vite et évite donc les bavures. Apparaissent alors, à partir de ces points des motifs de croix que l’on décerne après une longue observation de la toile.

IMG_1509

En 1960, il utilisera le plexiglas comme médium. Celui-ci permet de travailler la sculpture tout en ayant des couleurs vives. Le but étant que son oeuvre change en permanence avec la lumière mais aussi la suspension.

Plus tard, en 1992, il ajoutera à ses oeuvres des éléments architecturaux et industriels et remportera un lion d’or à la Biennale de Venise. Conscient qu’il a encore beaucoup de choses à expérimenter, il refuse une rétrospective que Beaubourg lui propose, ce qui lui attirera quelques mauvaise critiques.

Après les modulations et les torsions découvertes au fur et à mesures des salles de la Galerie, le spectateur se prête au jeu en entrant dans une salle où il vaut mieux ne pas pénétrer si l’on est épileptique. Miroirs et rayures blanches et noir jouent sur l’apparence, tantôt l’on se voit tantôt l’on se perd, puisque les miroirs tournent et renvoient l’image des murs à rayures. C’est une expérience que j’ai appréciée, c’est amusant, et l’artiste permet au visiteur d’expérimenter lui-même l’oeuvre et de recueillir alors ses propres sensations procurées par l’art.

On retrouve quelques pas plus loin des gouaches peintes à son arrivé à Paris.  Originaire d’Argentine et n’ayant que peu de place dans son studio, il se résout a peindre des petits formats.

IMG_1536

Amusez vous à essayer le casque de réalité augmentée, une oeuvre que Julio Le Parc à réalisé avec son fils Juan Le Parc pour une immersion complète dans l’art cinétique ! C’est déstabilisant et amusant à la fois. J’ai beaucoup aimé cette idée de technologie au service de l’art. C’était une première pour moi puisque je n’avais encore jamais essayé de casque à réalité augmentée avant celui-ci.

En descendant quelques marches vous découvrirez, plus loin dans la galerie, le travail de Daniel Arsham, artiste américain de 37 ans qui s’amuse à développer les objets du futur.

Ce que l’on ne suspecte pas lorsque l’on observe ses oeuvres et les couleurs fluo qu’il utilise, c’est que l’artiste est en réalité daltonien.

Nounours, chiens et autres peluches sont moulés avec,  à l’intérieur, du quartz rose donnant des répliques du futur que l’on aurait retrouvées sur une planète abandonnée. Attendrissant et étonnant à la fois. J’ai beaucoup aimé son installation avec des petits tas de sable minutieusement éparpillés dans la salle, recouverts de couleur fluorescente qui s’atténue de plus en plus pour n’être plus que blanc. Et cette moulure avec l’inscription TIME que l’on croirait sortie du mur et qui s’impose à nous de façon brusque mais pure à la fois, puisque la couleur blanche et le plissé atténuent l’imposant mot.

IMG_1569

L’influence japonaise de sa femme et sa curiosité pour cette culture le mènent à travailler le sable et les motifs japonais. On retrouve alors des oeuvres faites de sables composés de ronds représentant le centre de la terre avec, autour, des traits qui quant à eux symbolisent les rivières et donc la vie.

Il va jusqu’à collaborer avec la NASA  pour obtenir la meilleure maquette de représentation d’une exo-planète qui lui permet de faire des moulages et de créer ses grandes sphères fluorescentes.

Enfin,  la dernière pièce présente son travail sur le temps où deux appareils photos sont introduits dans un grand sablier rempli de poudre de cristaux mélangés au quartz. Un travail que j’ai beaucoup apprécié, très précis puisque le sablier fait sur mesure doit être minutieusement soufflé pour laisser passer le sable dans un temps de 20 minutes. Un beau message sur l’importance qu’a le temps dans notre vie et la prise de conscience de son emprise sur nos actes et sur nos décisions.

Une belle exposition et de jolies découvertes à expérimenter jusqu’au 23 Décembre.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s