Tino Sehgal Carte Blanche

Qu’est ce que l’énigme ?

 

C’est la question qu’un jeune homme nous a posée après avoir franchi le rideau de billes blanches de Félix González-Torr, l’entrée de l’exposition Carte Blanche de Tino Sehgal.

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Réflexion, curiosité, instinct, laissez-vous guider par vos sens et l’artiste pour pleinement profiter de cette expérience humaine.

Tino Sehgal d’origine anglo-allemande réinvente le concept de l’exposition en mettant en scène des comédiens et chanteurs. On se perd, ne sachant plus qui est le visiteur et le figurant puisque tout le monde se mélange, se prête au jeu.

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L’artiste crée des situations. Faites-lui confiance et laissez-vous transporter par les onomatopées et les danses des comédiens, dans les pièces sombres du Palais de Tokyo. Fermez les yeux, écoutez, cette exposition est une véritable expérience pour vos sens.

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Dans le noir, les acteurs débattront sur des sujets actuels tels que l’argent et le temps. De l’anglais au français, ils échangeront sur le fait de perdre son temps à travailler et gagner de l’argent, sans finalement se faire plaisir. L’obscurité nous oblige à rester vigilants, à mieux nous concentrer sur les voix somptueuses.

 

Plus bas, au dernier étage, n’ayez crainte, faufilez-vous au milieu de ces hommes, face aux quatre murs blancs, on ne voit pas leurs visages. Ils répètent cette phrase « The objective of this work is to become the object of the discussion ». Dérangeant ? Un peu, l’artiste nous sort des sentiers battus et nous confronte à la réalité par ces échanges parfois savants d’autres fois anodins, entre les protagonistes de l’exposition. Les spectateurs sont pris à parti malgré eux.

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Puis Lily nous a tendu la main pour nous guider vers la suite de l’exposition… Nouvelle question, nouvelle réflexion : qu’est-ce que le progrès ? L’enfant nous a fait cheminer quelques pas avant qu’une autre jeune fille plus âgée nous demande ce qu’était la peur. Me voilà en train de lui expliquer ma phobie des requins. Elle-même plongeuse professionnelle, m’explique que les requins les plus agressifs ne sont pas les requins blancs comme l’ont pourrait le croire;elle me rassure, me fait part de ses connaissances en la matière.

Quelques pas plus tard, dans ce décors blanc, nous rencontrons un homme d’une trentaine d’années, qui lui, cette fois nous parle d’avenir. Qu’est-ce que l’avenir ? Il nous demande nos projets, nous lui demandons les siens. Comédien de métier, il nous fait part qu’il souhaiterait monter sa propre agence de production.

De rencontres en rencontres, d’échanges en échanges, toujours avec des personnes de plus en plus âgées.

Nous voilà cette fois face à une vieille dame qui nous raconte une histoire à propos de l’éloquence. Elle nous fait réfléchir, nous questionne. Le temps passe sans que nous nous rendions compte que nous étions arrivées là où tout avait commencé, devant les comédiens.

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Les figurants s’esquivent et disparaissent au fur et à mesure que l’on évolue dans l’exposition. On pourrait parler d’intersubjectivité. Les comédiens nous confient immédiatement une de leurs expériences de vie, intense, sincère. C’en est presque déstabilisant.

Par ce cheminement, l’artiste nous montre ce qu’est le progrès. Avec l’âge nous nous posons de nouvelles questions. Nous progressions vers un avenir.

Une expérience unique à vivre au Palais de Tokyo jusqu’au 18 décembre 2016

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